Dr Armis LOMBO MUNGIMBA (MDH)[1] Pr. Laddy LOMBO SEDZO(PhD)[2]
https://doi.org/10.65291/lau.rahq9560
[1] Dr Armis LOMBO Mungimba est Médecin Chef de Zone de santé rurale de Vanga, spécialiste en santé publique de l’Ecole de Santé Publique de l’Université de Kinshasa. Avant sa spécialisation il a travaillé comme Medecin Directeur de l’hopital Évangélique CBCO Moanza (2007-2011) et Médecin Chef de zone de santé rurale de Kikongo (20112023).
[2] Professeur Laddy LOMBO Sedzo est Enseignant à l’Institut Supérieur Pédagogique et Technique de Kinshasa, en sigle ISPT-KIN ; Secrétaire Général Académique à l’Université Chrétienne de Kinshasa (UCKin) et Secrétaire Général à la Recherche de Leadership Academia University (LAU), tous en RDC.
Résumé
Les conflits armés sont devenus récurrents dans le monde aujourd’hui. On assiste partout à des guerres et même à des simples conflits entre communautés qui prennent l’allure de guerres fratricides (Bosakaibo, 2023). Ces conflits qui éclatent pour plusieurs raisons tant sociales, politiques que foncières, ont une incidence sur la paix, ainsi que sur la sécurité des populations concernées. Sur le plan sanitaire, tous les conflits ont des conséquences dévastatrices, car ils empêchent une bonne prise en charge des populations qui n’ont accès à aucune formation médicale. Dans les pays à faible revenu comme la République Démocratique du Congo, ces conflits prennent des dimensions variées allant de l’errance des populations qui se déplacent d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sécurisé, jusqu’à l’accentuation de la pauvreté étant donné que ces populations ne peuvent rien produire. Elles deviennent pour ainsi dire dépendantes des aides humanitaires et alimentaires. Au-delà de ces conséquences socio-sécuritaires, il y a également la non prise en charge sanitaire desdites populations qui conduit à l’apparition des plusieurs épidémies et la mort des personnes vulnérables comme les vieillards, les femmes et les enfants de moins de cinq ans (Université catholique de Bukavu, International Rescue Committee et Researching the Impact of Attacks on Healthcare, 2024). En ce qui concerne le conflit Teke-Yaka, dans un rapport daté du mois d’octobre 2023, la Caritas Internationale Belgique écrit ce qui suit « depuis fin juin 2022, un conflit d’une grande violence a émerge entre les communautés Teke et les nonoriginaires, constitués majoritairement de Yaka, autour des redevances coutumières sur le foncier dans le territoire de Kwamouth en province de Mai-Ndombe, à presque 200 km de la capitale Kinshasa, provoquant une détérioration brusque de la situation humanitaire et sécuritaire » (Caritas Internationale, 2023).
Plusieurs conséquences de ce conflit ont été relevées par Caritas internationale belge, entre autres :
- des mouvements massifs de populations ;
- de multiples violations des droits humains ;
- l’insécurité alimentaire ;
- le fonctionnement des structures sanitaires et scolaires fortement impacté par la crise.
Car sur les 58 structures sanitaires de cette partie du territoire national affectée par le conflit, 35, soit 60% se retrouvent dans les zones occupées par les milices Mobondo, 23 seulement, soit 40% sont dans les zones contrôlées par les FARDC. Il va de même des établissements scolaires. Sur 441 écoles comprises dans cette contrée, 307, soit 70% se trouvent dans les territoires sous occupation des milices, contre 134, soit 30% restant dans le territoire contrôlé par le gouvernement congolais. Cette description de Caritas Internationale illustre à suffisance l’incidence négative de conflits armés communautaires sur la prise en charge sanitaire des populations dans les pays à faible revenu comme la République Démocratique du Congo. Ce qui est un facteur aggravant.
Mots-clés : Incidence – Conflits communautaires – Prise en charge sanitaire – Facteurs aggravants.